• Jérôme PARMENTIER

Contes de la Source via la sagesse animale -2-

"Petit morceau de sagesse animale en écriture inspirée"

JUSTICE ET VÉRITÉ - Extrait du "Corbeau qui a perdu sa plume"



Tout de go, le scorpion l’interrompit dans cette pensée et lui demanda : « qui es-tu et que fais-tu là toi qui ne me ressemble pas ? ». « Étrange accueil », se dit le corbeau en lui-même. Cette question abrupte lui fit douter un instant de la réflexion qu’il venait de se faire. Malgré tout, fidèle à son tempérament ouvert, le jeune corbeau répondit simplement : « je suis un oiseau, j’ai perdu une plume et je voyage pour la retrouver ».

Le Scorpion : « est-ce si important ? Tu sembles en avoir beaucoup d’autres, suffisamment pour mener une vie à ton aise ! »

Le ton du scorpion était aussi vif et piquant que son apparence. Cela ne déplaisait pas au jeune corbeau car cela semblait donner de la force à ce personnage atypique.

Le Corbeau : « oui c’est vrai, tu as raison, j’en ai plus que suffisamment pour mener une vie normale. C’est juste que je trouve cela injuste que ma plume ait disparu à mon insu pendant la nuit. En fait, je recherche plus la vérité sur ce qui s’est passé que la plume elle-même ! », dit-il d’un ton convaincu, fier de sa répartie.

Le Scorpion : « Justice ? Vérité ? De qui tiens-tu cela ? Que sais-tu de ces deux lois de l’Univers que tu sembles remettre en question pour tes intérêts personnels ? ». Le ton était très direct et assuré et le jeune corbeau se sentit impressionné par l’aisance de ce petit animal.

Le Corbeau : « et bien, l’on m’a appris depuis mon plus jeune âge à respecter la justice et à dire la vérité ! Et cela implique naturellement de ne pas prendre à quelqu’un ce qui ne nous appartient pas ! », répondit notre jeune oiseau aussi contrarié qu’hésitant face à cet être à la cuirasse noire et luisante.

Le Scorpion : (sur un ton amusé) « ce que l’on t’a appris ? Tu récites donc une leçon…tu adoptes une règle que tu fais tienne, mais qui appartient à un autre…N’est-ce pas la prendre à quelqu’un ce qui ne t’appartient pas ? Ainsi toi aussi tu es un voleur de plumes…Laisse-moi te dire ceci : ce que tu appelles la justice est en réalité un sentiment personnel et dépend uniquement de ce qui résonne vrai à l’intérieur de toi. Dès lors que tu vas chercher une règle à l’extérieur de toi, tu n’es plus juste et encore moins vrai ! Comprends bien que dire la vérité n’est pas être vrai, à plus forte raison si cela est la « vérité » d’un autre ! Être vrai, toucher du doigt une ébauche de vérité, c’est avant tout être juste envers soi-même sans en faire une règle pour les autres ! La vérité est universelle et appartient à tout le monde. Chacun à sa manière en détient un fragment même si cela exige d’être vrai pour prétendre l’incarner. Justice qui est justesse, un attribut du vrai ne sont pas du domaine de la pensée mais du ressenti. C’est cela être vrai et juste, que d’écouter son ressenti et en faire sa seule vérité. Nul nécessité alors de l’imposer à l’autre ou d’en faire une vérité commune. Alors oui, je te le dis, tu confonds justice et vérité avec LA justesse qui découle d’être vrai ! Ainsi, quand tu es dans ta justesse, dans ton ressenti, tu es vrai. Et quand tu prétends qu’une vérité précède ou succède à la justice, tu n’es plus vrai et tu incarnes alors une pâle copie de ce que tu n’es pas tout en croyant être ce que tu ne seras jamais ».


« LE VRAI EST L’ATTRIBUT DU JUSTE.

L’ÉCOUTE DU RESSENTI MÈNE À LA VÉRITÉ PROPRE »


Cet échange était aussi étrange qu’intense. Comment un être si petit pouvait-il dégager autant de conviction et d’intensité dans ses propos ? Par son attitude, il démontrait naturellement qu’en étant vrai, on pouvait rayonner un espace de vérité. Car c’était surtout cela la force du message du scorpion. Au-delà des mots et de leur signification profonde, il émanait une vérité profonde, simple et sans fard. Il était lui-même, sans aucun doute possible.

© 2019 Jérôme Parmentier

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